Histoire du Monastère - История монастыря

Contexte historique

Peu de gens savent qu'en 1917, alors que la révolution bolchevique battait son plein, l'Église orthodoxe russe réunie en concile posait les bases d'une refonte profonde, dans un esprit à la fois d'ouverture sur le monde et de fidélité aux sources premières du christianisme. Le régime soviétique a rapidement balayé toute velléité de liberté, religieuse ou autre, poussant des millions de personnes à quitter leur terre. A la même époque, les conflits qui accompagnèrent l'instauration de l'État national turc amenèrent des millions d'Arméniens et de Grecs installés en Asie mineure à quitter, eux aussi, leur terre.

Ces événements tragiques ne seraient-ils que des accidents de l'histoire ? Ils ont en tout cas créé, après plus de dix siècles d'éloignement croissant, les conditions d'une rencontre pacifiée et féconde entre les chrétiens d'Orient et d'Occident. Par ces émigrations, des communautés orthodoxes se sont invisiblement intégrées dans nos pays, et tout particulièrement en France. Ce faisant, les uns et les autres ont appris à se respecter, à se connaître. Loin des phares de l'actualité, le dialogue théologique a repris et défriche, progressivement, des champs de convergence. Des hommes remarquables, issus de l'immigration et porteurs du souffle qui animait l'Église russe renouvelée, ont largement contribué à régénérer la conscience théologique contemporaine: le métropolite Euloge, les pères Serge Boulgakov, Georges Florovsky et Jean Meyendorff, Vladimir Lossky, et bien d'autres…

Ni les acquis techniques et économiques de notre civilisation, ni la diversité de ses idéologies, ne semblent satisfaire nos contemporains qui apparaissent souvent comme perdus dans un monde désorienté. Cependant, derrière son carcan historique et institutionnel, le christianisme, dans une simplicité désarmante, témoigne de l'essentiel. Son message vivant et vivifiant peut apporter une réponse aux questions ultimes posées à l'homme d'aujourd'hui en quête de sens. Des hommes et des femmes le découvrent, et se convertissent à l'une ou l'autre des confessions chrétiennes, au gré de rencontres personnelles. Certains, et notamment des jeunes, vont jusqu'à s'engager sur la «voie étroite» du monachisme: des monastères revivent, d'autres se créent, d'innombrables pèlerins viennent s'y ressourcer.

Son histoire

La fondation de notre monastère remonte au 2 juillet 1946, jour de la mémoire du saint Apôtre Jude. Quatre moniales déjà réunies en communauté − l'une d'origine grecque, les autres, d'origine russe − reçurent alors par legs un modeste manoir à Bussy-en-Othe, petit village au creux des vallons qui longent les forêts du nord de la Bourgogne. Les sœurs s'y installèrent dans une grande pauvreté, cultivant la terre, vivant du travail de leurs mains et de quelques dons. L'ancienne bergerie devint le cœur du monastère, sa chapelle. La tradition d'hospitalité, si chère à l'esprit russe, donnait aux sœurs d'accueillir tous ceux qui leur étaient envoyés, et des hôtes furent rapidement des leurs, pour quelques jours ou quelques semaines, voire de longues années. Aujourd'hui, venus surtout de France mais aussi des quatre coins du monde, 22 sœurs partagent leur vie avec quelques résidents. Les visiteurs, eux aussi, sont toujours plus nombreux. Les granges attenantes à la maison principale ont dû être aménagées, l'une en cuisine et réfectoire, l'autre en hôtellerie.

Depuis sa création, la communauté est placée sous la juridiction du patriarcat œcuménique de Constantinople. Au fil du temps, le monastère grandit et se fortifia. Son rayonnement discret s'est maintenant étendu bien au-delà des frontières territoriales et confessionnelles, peut-être grâce à l'immense travail de traduction, d'édition et de diffusion de textes liturgiques, accompli par quelques sœurs, peut-être aussi grâce à la vie liturgique elle-même, qui, tout en préservant la grande tradition russe, s'est adaptée aux lieu et temps présents. Peut-être enfin grâce à l'atmosphère de vérité paisible et joyeuse qui règne en son sein.

Les orthodoxes ne sont en France qu'une micro-minorité et, en dehors des grands centres urbains, leurs églises sont peu nombreuses et très disséminées sur le territoire. Beaucoup de personnes se trouvent isolées des centres paroissiaux. Ce phénomène est encore amplifié durant l'été, quand les citadins sont eux-mêmes dispersés. les fidèles ont alors spontanément tendance à se rendre dans un monastère pour les offices liturgiques. Il arriva ainsi, lors des grandes fêtes de l'Église ou en période estivale, que notre petite chapelle ne puisse plus accueillir la foule convergeant vers le monastère.

L'église de la Notre Dame de Toute Protection - interieurL'église de la Notre Dame de Toute Protection - interieurL'église de la Notre Dame de Toute Protection - incônes

Intérieur de l'église de la Protection de la Mère de Dieu, dont les murs gardent encore le souvenir vibrant des premières habitantes des lieux.


Construction de l'église de la Transfiguration

La construction d'une nouvelle église plus spacieuse s'avérait indispensable. Celle-ci a pu être engagée en début d'année 2001, grâce à la générosité d'une multitude très variée de personnes.



Vie de Saint Alexis d'Ugine

Saint Alexis d'Ugine Lors de la proclamation des nouveaux Saints, dans la cathédrale saint Alexandre Newsky de Paris le dimanche 2 mai 2004, S.E l'archevêque Gabriel avait décidé que les reliques de Saint Alexis d'Ugine seraient transférées au Monastère Notre Dame de Toute Protection pour y être vénérées par les fidèles.